Le Souffle et l'enracinement : explorations pratiques del'Anma, de l'Anpuku, du Hara et du Koshi(タイトル案:呼吸と根づき:按摩、按腹、肚、腰の実践的探求)
- Toshi Ichikawa

- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 4 heures
C’est avec une grande joie et beaucoup d'humilité que je réponds à l'invitation de Bernard Bouheret pour cette Université d'été 2026.
Cette journée sera pour nous une belle occasion de prendre le temps d'explorer ensemble les racines de notre art, d'affiner notre qualité d'écoute et de nourrir notre pratique.
Je vous propose un cheminement fluide, de la surface vers la profondeur, guidé par les textes anciens et l'expérience du corps.

Programme de l’atelier de formation
Le matin : l'écoute et la résonance – Anma et Anpuku
Nous commencerons notre pratique en revisitant l'Anma traditionnel. Loin d'être un simple enchaînement de techniques, l'Anma nous enseigne le rythme, la continuité et l'art de préparer le corps à recevoir la pression. À travers ses gestes subtils, comme les vibrations ou les mouvements rythmés, nous chercherons à installer un véritable dialogue avec le receveur.
Puis, nous descendrons plus profondément avec l'Anpuku, l'art du toucher abdominal. En nous appuyant sur l'essence de l'ancien texte Anpuku Zukai (1827) de Shinsai Ota — un ouvrage que Shizuto Masunaga considérait comme une source d'inspiration essentielle pour le Shiatsu —, nous apprendrons à écouter le ventre. Le Hara n'est pas seulement un centre physique, c'est un espace intime où résident les mémoires et le souffle de vie. Nous pratiquerons un toucher doux et respectueux pour harmoniser ce centre vital.
Après-midi : la présence et l'ancrage – Hara et Koshi
L'après-midi, notre attention se tournera vers l'intérieur, vers notre propre posture de praticien. Le Shiatsu juste et profond naît d'un corps détendu en haut et stable en bas, un équilibre que l'on nomme Jyo Kyo Ka Jitsu (Haut vide, Bas plein).
Nous explorerons la notion de Ritsu-yo, le redressement naturel du bassin et des lombaires (Koshi). Il ne s'agit pas de maintenir une posture rigide, mais de trouver un alignement détendu qui permet au souffle de descendre et à la pression de se faire sans effort musculaire, par le simple abandon du poids.
Pour ressentir cet ancrage, nous emprunterons quelques exercices simples issus de la culture corporelle traditionnelle, comme le Shiko-dachi ou l'Oshizumo (poussée douce à deux). Il n'y aura ici aucune idée de compétition ou de force : notre seule intention sera de sentir la connexion entre nos mains, notre centre (Tanden) et la terre, et d'apprendre à respirer en harmonie avec notre partenaire.
Vers un toucher unifié
Mon souhait pour cette journée est de partager avec vous ces pratiques qui m'accompagnent et me soutiennent au quotidien. En reliant la sagesse de l'Anma et de l'Anpuku à la conscience de notre propre centre (Hara et Koshi), j'espère que chacun pourra trouver plus de confort, de justesse et de résonance dans son Shiatsu.
Le souffle et la vibration : le Shakuhachi comme voie du corps
En complément de notre pratique manuelle, j’aurai le plaisir de partager avec vous les sons du Shakuhachi, la flûte traditionnelle japonaise en bambou. Pour moi, le Shakuhachi n’est pas seulement un instrument de musique, mais un véritable outil de recherche sur le souffle et la présence.
Historiquement, cette flûte était utilisée par les moines de la secte Zen Fuke comme un instrument de méditation active (Suizen). Dans cette tradition, souffler dans le bambou est un acte spirituel où chaque note est l'expression directe de l'état intérieur.
La pratique du Shakuhachi exige une maîtrise profonde de la respiration abdominale. Pour produire un son plein et habité, il est indispensable de solliciter le Tanden (le centre de force dans le bas-ventre).
Ainsi, la vibration du bambou devient une extension naturelle de notre ancrage. En écoutant et en pratiquant le souffle à travers le Shakuhachi, nous rejoignons directement les principes du Hara et de l’Anpuku : l'art de laisser circuler l'énergie vitale sans entrave, du centre vers l'extrémité.
Au plaisir de pratiquer, d'échanger et de respirer ensemble lors de cet atelier.

Toshi ICHIKAWA : bio
Né à Tokyo en 1961, Toshi Ichikawa s’installe en France en 1998, porté par le souhait de partager les arts de santé japonais. Praticien et enseignant de Shiatsu et de Do-In à Paris depuis plus de vingt ans, il dirige l'École de Do-In et de Shiatsu Toshi Ichikawa, agréée par le Syndicat Professionnel de Shiatsu (SPS).
Son approche se nourrit de deux racines complémentaires : une recherche constante dans les textes classiques (tels que l'Anpuku Zukai ou l'Anma Tebiki) et une exploration profonde de la conscience corporelle (Hara et Koshi). Dans son enseignement, Toshi s’attache à transmettre non seulement la technique, mais aussi la posture intérieure et la qualité de présence, essentielles à un toucher juste.
Également joueur de Shakuhachi (flûte traditionnelle japonaise en bambou), il intègre la dimension du souffle et du rythme dans sa pratique thérapeutique, invitant chacun à retrouver son « corps naturel » (Shizentai).




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