Burn-out et Shiatsu dans notre société
- Ivan Bel

- il y a 6 heures
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Parmi toutes les problématiques de santé qui peuvent arriver à un être humain, il y en a une qui augmente de manière régulière et inquiétante dans nos sociétés : c’est le burn-out. À présent, cet effondrement profond de l’individu est hélas bien connu et largement répandu sur la planète. Inquiétude, harcèlement, épuisement, surmenage, quelles sont les différentes causes à l’origine du burn-out et comment remonter l’énergie d’un individu ? Il existe plusieurs approches possibles et parmi elles, le Shiatsu est l’une des thérapies les mieux armées pour aider ces personnes. Cet article est basé sur une longue expérience où j’ai eu à traiter de nombreuses personnes victimes du syndrome d’épuisement professionnel.

Constat de société et définition
Jamais le burn-out n’a fait autant de ravages dans les sociétés basées sur un mode de vie occidental. En cela, on peut parler de maladie de civilisation. Le problème est qu’il n’existe aucun outil pour calculer précisément le nombre d’individus atteints de burn-out. En France le cabinet d’études Technologia propose un chiffre autour de 3,2 millions de salariés atteints, soit environ 12% de la population active qui de fait, ne travaille plus. Selon une autre étude de juin 2022 réalisée par Opinionway, on serait plutôt à 34%. La réalité se situe probablement entre les deux, ce qui est toujours beaucoup trop. Plus intéressant, le site L’étudiant annonce que 37% des étudiants luttent en permanence contre ce syndrome, requalifié ici de syndrome anxieux. Si on n’arrive pas à avoir des chiffres précis, en revanche le problème est suffisamment alarmant pour être reconnu par l’OMS dans la classification internationale des maladies, en précisant toutefois qu’il s’agit d’un syndrome lié au stress professionnel et non une maladie. Dans cet article, je traiterai uniquement du burn-out professionnel et non les autres formes que l’on peut parfois croiser.
Tout commence dans les années 60 dans le milieu des soignants, plus exactement dans le monde hospitalier américain. De plus en plus d’infirmiers et infirmières, mais aussi des médecins, n’en peuvent plus. Ils s’effondrent au sens propre, aussi bien psychiquement que physiquement. En 1969, Harold. B Bradley, de l’Université du Massachusetts, est la première personne à désigner, dans son article « Community-based treatment for young adult offenders », un stress particulier lié au travail sous le terme de « burnout ». Ce terme est repris en 1974 par le psychanalyste Herbert J. Freudenberger puis par la psychologue Christina Maslach en 1976.
La définition du syndrome provient de la description qu’en fait le Dr Freudenberger :
« En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte. »
Un incendie interne donc, un peu comme ces arbres qui brûlent de l’intérieur suite à un éclair, alors que vu de l’extérieur ils semblent aller plutôt bien. A la base, le terme de burn out vient du monde médical pour définir les effets de la toxicomanie et signifie « s’épuiser, s’user, craquer en raison de demandes incessantes, se consumer ». Tous ces mots nous indiquent un grand vide d’énergie, une descente vers l’extinction, un peu comme une flamme qui arrive à la fin de la bougie.
Un monde du travail délétère
Dans le monde du travail d’après-guerre et la montée du capitalisme à tout va, on a pu observer deux phénomènes. Le premier est l’arrivée de méthodes de management directement issues du nazisme, jouant sur les ordres (parfois contradictoires), la déresponsabilisation de l’individu qui ne peut entrevoir qu’un petit bout de son action sur l’ensemble de ce qui se joue, l’obéissance aveugle qui dépersonnalise l’individu, la somme de travail toujours plus importante, plus forte, plus rapide.
Le capitalisme reprend ces idées et y ajoute le besoin de rendement, de profit, d’efficacité. Les débuts sont plutôt doux (sauf pour les ouvriers et le travail à la chaîne, victimes des théories du français Henri Fayol et du fordisme, les trois-huit, l’écrasement systématique des revendications ouvrières). Avec l’arrivée des outils informatiques dans les années 90, le salarié devient esclave de son travail à tout moment, y compris en dehors des heures de bureau. On pousse donc constamment l’individu à repousser ses limites.
Les managers (mot récent pour ne plus dire « chefs ») doivent eux aussi être rentables et poussent donc toujours plus les employés. A cela s’ajoute l’uberisation (néologisme pour parler d’esclavage moderne), l’insécurité réelle ou imaginaire de nos sociétés, de nos emplois, de nos salaires qui permettent de faire vivre la famille, mais aussi à plus large échelle une atmosphère de fin du monde qui règne en raison du climat, des menaces de guerre, des luttes entre les communautés humaines, entre les sexes, au sein des familles, et du rêve capitaliste du « toujours plus » qui devient de plus en plus inaccessible. Cette course folle, on le voit bien maintenant, entraînent les travailleurs droit dans le mur.
Pourquoi ?
Parce que tous les besoins fondamentaux de l’être humain sont remis à plus tard, si ce n’est complètement niés. Le temps de repos, le besoin de sécurité, la nécessité de distinguer vie professionnelle de vie privée et familiale, d’avoir du temps pour prendre soin de soi ou pour s’aimer. Il est intéressant de lire les derniers chiffres de l’INSEE indiquant que jamais la natalité n’a été aussi basse en France et que les jeunes ne font plus l’amour. Rappelons ici si besoin est que la sexualité est grandement tributaire du Rein.
S’entendre dire (par les autres ou pire, par soi-même) que ce n’est pas grave, que cela va passer, revient à nier nos besoins, pour favoriser d’autres priorités qui nous sont imposées par le haut. Dans le monde du travail les gens performants, sortes de super-héros des temps modernes, sont largement valorisés… jusqu’à ce qu’ils s’écroulent. « Ce n’est pas possible, pas moi et que vont penser les autres, que je suis un faible… ». De là, va découler à la fois une honte de l’échec qui est avant tout un épuisement et l’idée de devenir inutile (à son entreprise, à sa société, à son pays). Tout cela repose en fait sur un système de croyances créé de toutes pièces par la société productiviste où le poste de travail est non seulement ce qui classe socialement la personne, mais aussi ce qui doit la rendre heureuse. Et comme toute croyance, quand elle s’écroule, les individus s’écroulent aussi. Les personnes les plus performantes, les plus hyperactives et les plus perfectionnistes représentent en fait la population la plus à risque.
Les envies proposées par la société du spectacle et de la consommation ne sont que des illusions dont le but principal est de vider le portefeuille et de faire tourner la machine. En revanche, l’écoute des envies intérieures est nettement plus importante. Avoir envie de vacances, de voyage, d’activité physique, de temps avec les siens, de lecture, de promenade, de rire, tout cela nourrit grandement l’humain et notamment sa partie sensible, affective, émotionnelle dont le rôle est fondamental pour l’équilibre psychique.
Généralement un burn-out ne surgit pas du jour au lendemain. Cela progresse à petits pas, à force de subir non seulement des pressions, de l’agressivité, mais aussi des contradictions avec nos valeurs individuelles. Par exemple, travailler pour une industrie polluante alors que la planète est à l’agonie est de plus en plus insupportable. Comment continuer à polluer par notre travail pour telle ou telle entreprise dans ces conditions ?
Pendant la période du Covid, on a eu recours en masse au télétravail. Lorsque la crise sanitaire a été terminée, les gens se sont aperçus qu’ils pouvaient vivre mieux, travailler sans stress et sans déplacements inutiles, chronophages, polluants et épuisants. L’injonction de retourner au bureau est mal passée et aux USA ce ne sont pas moins de 38 millions de salariés qui ont préféré démissionner pour changer de travail et trouver plus proche, moins stressant, bref pour favoriser la qualité de vie. 38 millions de travailleurs, de quoi rebattre les cartes du monde du travail dans un pays, aussi grand soit-il.
Une progression insidieuse
Petit à petit, à force de rogner sur ses besoins fondamentaux, la fatigue puis l’épuisement s’installent. Lorsque je travaillais à Bruxelles, j’ai été invité à une réunion sur le burn-out organisée par la première entreprise qui aide les entreprises du pays, notamment pour les cotisations sociales. Cette épidémie de burn-out leur coûte des centaines de millions d’euros par an, aussi cherchaient-ils à connaître les signaux avant-coureurs pour réagir à l’avance et diminuer leur frais de remboursements aux entreprises.
Parmi les symptômes, on trouve une fatigue de plus en plus présente, notamment au réveil, avec l’impression de ne pas avoir récupéré. L’envie de manger de plus en plus sucré pour continuer à faire tourner le cerveau à plein régime. De l’agressivité due à la frustration de ne pas être respecté et à la peur/colère lorsqu’il y a harcèlement. Des pieds de plomb pour aller au travail. Du stress et des insomnies. Des oublis, le cerveau qui débranche par à-coups. De l’agacement pour rien et un début de déprime. La perte d’appétit et de confiance en soi. Pour ceux qui connaissent la médecine chinoise, on retrouve des atteintes au Foie, à la Vésicule Biliaire, à la Rate, au Cœur, au Poumon et bien sûr aux Reins, à la fois au niveau psychique et physique. Cela fait beaucoup.
Lors de cette réunion, j'ai précisé à ce stade qu’il ne faut pas, comme c’est trop souvent le cas, confondre burn-out et dépression. Les anxiolytiques, antidépresseurs et somnifères ne sont d’aucune utilité dans le cas du burn-out. La personne est au fond du gouffre et ne peut rien faire à part en gros dormir et pleurer. Mais son souhait le plus cher est de vite retrouver de l’énergie pour retourner au boulot. Dans le cas de la dépression la personne a de l’énergie, mais a perdu tout goût de l’utiliser et ne veut surtout pas reprendre le travail. Ce sont donc, à mon avis, deux situations opposées. Bien sûr, un burn-out peut à la longue provoquer une dépression, mais l’inverse n’est pas vrai, car il n’y a pas d’épuisement physique. Cela semble important de le souligner.
Tous les médecins vous le diront, le taux de cortisol est très élevé chez les gens en burn-out. Produit par les surrénales, le cortisol est l’hormone qui permet de rester éveillé, en activité intense, tendu vers un but. Sauf qu’ici il n’y a pas de fin, pas de but à atteindre puisque le seul objectif du monde du travail est de générer toujours plus de profits, jour après jour, année après année. C’est donc a priori sans fin. Lorsque le cortisol envahit le corps, le taux de glycémie augmente, les vaisseaux sanguins se rétrécissent, le rythme cardiaque et la tension artérielle augmentent. C’est certes un stimulant pour le cerveau, mais à la longue il devient neurotoxique. La glycémie trop élevée va créer une insulinorésistance favorisant le terrain pour un futur diabète. L’appétit, ou plutôt le besoin de grignotage de gras, salé et sucré, se fait sentir, affaiblissant à la fois le couple Rate-Estomac et les intestins qui ne peuvent se reposer. Enfin, le cortisol a une action de décalcification des os et détruit les hormones sexuelles. La libido est donc totalement en berne également.
Fort de ce constat les spécialistes présents à cette réunion se sont mis à parler “durée de temps”. Combien de temps avant de tomber ? Impossible à dire, chacun étant différent, mais une seule chose était certaine : le stress n’est jamais positif dès qu’il dure, les marqueurs du corps étant très clairs à ce sujet.
Alors, combien de temps dure en moyenne un burn-out. Si c’est le premier, en moyenne de 1 à 2 ans. Si c’est la seconde fois, de 3 à 5 ans. J’ai fait remarquer que l’on ne parle jamais de troisième burn-out, ce qui signifie que ces personnes sont soit devenues des légumes, soit sont décédées, ce qui est tout comme aux yeux du monde du travail. Cela a jeté un froid. J’ai rappelé alors qu’on parle d’êtres humains et que les chiffres ne doivent pas être une fin en soi, mais l’incitation à agir le plus rapidement possible dès les premiers symptômes pour sauver des individus.
D’autre part, la réunion a conclu une chose essentielle : « le burn-out est un épuisement qui vide l’individu de toute énergie, le rendant incapable de toute activité ». De fait, il faut utiliser les techniques de santé qui savent remonter le niveau d’énergie des individus. Et là, le Shiatsu possède une grande carte à jouer.
En Shiatsu l’outil de choix : les six couches
En Shiatsu nous étudions les Six couches, soit Shaoyin, Jueyin, Taiyin, Yangming, Shaoyang, Taiyang. Ce sont les six grands méridiens traditionnels de la médecine orientale. On peut s’amuser à considérer que le corps humain est une sorte de seau d’eau avec six niveaux à l’intérieur. Chaque niveau représente un potentiel énergétique lié au bon fonctionnement d’une paire d’organes. Pour ne prendre que l’exemple du Shaoyin, celui-ci occupe la couche la plus profonde, celle du fond du seau, et regroupe les méridiens Cœur-Rein. Si cette couche vient à manquer, le corps entre dans une phase critique car nous avons un besoin vital de nos reins et de notre cœur. Le problème dans le cas du burn-out c’est que le seau est percé et se vide régulièrement. Tout d’abord ce seront les couches du haut, les couches Yang, qui vont disparaître ainsi que le dynamisme de la personne. Puis, les couches Yin vont s’épuiser elles aussi et les symptômes augmenter proportionnellement. Mais si l’on ne sait pas s’écouter, on ne voit pas venir le danger et la chute est violente pour l’individu lorsque le phénomène se dévoile dans toute sa force.
La question qui surgit alors est “que se passe-t-il lorsque la dernière couche est vidée ou presque” ? Généralement, c’est une atteinte sérieuse lors de laquelle l’individu va s’effondrer physiquement et psychiquement. L’épuisement est intense et la personne va chercher à dormir. Mais comme on le sait en Shiatsu, pour bien dormir et bien récupérer, il faut que le Cœur et les autres organes Yin soient en forme. Par conséquent, le sommeil est entrecoupé, de jour comme de nuit, et la récupération laborieuse. On apprend à l’école que lorsque les méridiens sont défaillants, on peut toujours appeler les Vaisseaux Merveilleux à la rescousse. Sauf que, le Jing postnatal (celui qui se reforme à l’aide de la nourriture, de la boisson, de la respiration et du repos) n’est plus capable de fournir l’énergie suffisante pour remonter les Six couches. Dans les cas les plus graves, on peut dire qu’il ne reste plus que le minimum vital, soit le Jing prénatal. Souvent, croyant bien faire, certains praticiens vont stimuler la Vessie pour relancer la circulation du Qi. C’est ne pas comprendre le fonctionnement énergétique du corps humain. C’est exactement comme si on cherchait à faire tourner un moteur à pleine vitesse sans mettre d’huile dedans. On va le brûler, c’est tout.
Alors que faire ? La connaissance des Six couches nous offre l’opportunité de reconstruire en douceur, progressivement, mais dans le bon ordre, chacune des couches, en partant de la plus profonde (Shaoyin) et en remontant chaque couche, une fois que la précédente a été stabilisée. Mais comme le seau est percé, la première couche va devoir être répétée encore et encore. Il faut donc être aussi patient que le receveur, car cela va prendre des mois, voire des années, selon l’état d’épuisement dans lequel se trouve la personne.
Il existe un piège, un risque qu’il vaut mieux connaître pendant la récupération de la personne. Lorsqu’on arrive enfin à franchir la barrière entre les couches Yin et les Yang (essentiellement lorsqu’on aborde enfin le Yangming), la personne se sent mieux et va vouloir retourner au travail. Il ne faut surtout pas la laisser faire. Le Yang c’est le dynamisme, le mouvement, la résistance, mais là on n’en est qu’au début et c’est bien trop tôt pour envisager un retour au travail. Si la personne n’écoute pas vos conseils, et cela m’est arrivé plus d’une fois en cabinet, on la retrouvera 6 mois à 1 an plus tard pour un second burn-out bien plus désastreux, qui sera forcément beaucoup plus long et lourd à endurer.
Bien entendu l’approche par les Six couches n’est pas l’unique manière de répondre au burn-out. Il est important également d’utiliser une approche douce des points, en particulier des points qui vont aider le psychisme, car la détresse psychologique est importante. Frustration de ne plus être actif, colère envers soi-même (au lieu de la tourner vers ceux qui ont poussé vers l’épuisement), sentiment d’inutilité, déprime, tristesse, et tout cela va tourner en boucle pendant des mois, jusqu’à ce que l’esprit comprenne qu’il n’a pas le choix, que le corps ne va pas répondre aux ordres, qu’il ne reste plus qu’à accepter et prendre le temps nécessaire à sa récupération.
Un traitement multi-approche recommandé
Si le Shiatsu, l’acupuncture, la kinésiologie ou même - étonnamment - la méthode Tomatis donnent des résultats concernant la remontée énergétique du corps et de l’esprit, il est important d’orienter la personne vers d’autres approches.
La première qui semble indispensable, si cela n’a pas déjà été fait, est bien sûr que la personne soit suivie par un médecin, ne serait-ce que pour renouveler les arrêts maladie. Ces derniers sont suffisamment au courant, hélas, du phénomène et du sérieux que représente l’épuisement professionnel pour l’ignorer.
En parallèle une psychothérapie brève est très utile afin de comprendre comment on en est arrivé là. Quels sont les automatismes familiaux, les croyances vis-à-vis du travail, les mécanismes mis en œuvre par le management, les drapeaux rouges que l’on a manqués, et comment se reconstruire ensuite. Retour au travail, changement de travail, reconversion ? Ce sont des questions essentielles afin d’envisager un avenir professionnel.
Peu connue, l’endobiogénie est une branche de la médecine mise au point par des médecins français et qu’on trouve de plus en plus ailleurs, comme en Belgique par exemple. Il s’agit de médecins formés en profondeur sur le système hormonal et qui vont le remettre en état, mais uniquement par les plantes. Pour cela, ils utilisent toutes les formes galéniques (extrait en poudre, plantes séchées, mais surtout teintures mères et huiles essentielles). Le 1er avantage, c’est que ce sont des médecins. Le 2ème avantage tient dans une analyse sanguine très poussée qui cherche à trouver tous les marqueurs hormonaux utiles dans ce cas-là. Leur force réside non pas à tenter de remettre dans le corps ce qui manque, mais plutôt de se demander où est passé telle ou telle hormone, quel organe est en train de l’utiliser et ainsi de chercher la cause et les interrelations plutôt que de se cantonner aux manques et aux symptômes.
Un nutritionniste peut aussi être d’une grande aide. Contrairement aux idées reçues, il faut manger gras, surtout en ce qui concerne les huiles végétales, mais également des graisses animales et de la viande rouge pas trop cuite. Cela choque souvent les végétariens ou les amis des animaux. Ayant subi également un burn-out, je connais donc bien ce problème pour l’avoir vécu. Et j’ai été très surpris lorsqu’on m’a conseillé de manger de la viande en quantité et de mettre beaucoup d’huile partout. Cela m’a pourtant aidé grandement dans la récupération de mes forces.
Évidemment, il faudra aussi combiner avec des conseils de vie. Dans les premiers mois, ne rien faire. Quand un petit peu d’énergie montre à nouveau le bout de son nez, on peut conseiller des activités douces comme de petites promenades en forêt. Les Japonais ont bien compris l’intérêt du « bain de forêt » ou sylvothérapie, shirin-yoku en japonais. Cela permet de calmer le système nerveux, de respirer un bon bol d’oxygène, de remettre doucement en activité le système musculaire. Surtout ne pas en faire trop. Plus tard, vers la fin du traitement et uniquement une fois que la couche Yangming est stabilisée, on peut recommander du qigong, de la gymnastique douce, du yoga lent, ou un peu de piscine mais certainement pas pour faire des longueurs et accumuler les kilomètres. Le but dans toutes ces approches est avant tout de se reconnecter à son corps et de trouver du plaisir à l’habiter à nouveau. La méditation est évidemment bénéfique, notamment pour le calme que cela apporte, pour accepter les limites imposées par le corps et pour ré-énergiser le cerveau qui en est un grand consommateur.
La question du sens
Devant la véritable épidémie de burn-out que l’on constate et qui va grandissante chaque année, on verra forcément ce cas parmi nos receveurs en cabinet de Shiatsu. Il faut donc bien comprendre ce qui se joue et comment remonter l’énergie de la personne. Le Shiatsu est vraiment un excellent outil pour cela et je peux témoigner des presque 300 cas que j’ai eu à traiter. A chaque fois que j’ai pu mettre en place l’approche avec tous les points cités précédemment, les personnes pouvaient envisager un retour au travail en moins d’une année, ce qui est plutôt rapide si l’on considère le temps moyen lorsqu’une personne n’est pas ou peu accompagnée.
Au cours du traitement, arrive toujours le moment où une bascule s’opère. La personne qui voulait absolument retourner au travail en est de moins en moins convaincue, voire a franchement peur de le faire et commence à réfléchir, car elle a des mois pour cela. Surgissent alors les questions importantes que l’on devrait se poser avant de commencer à travailler : “Mon travail m’épanouit-il ? Ai-je besoin de m’infliger un quotidien épuisant et d’accepter de me faire diminuer jour après jour ? Mon travail a-t-il du sens pour moi ? Et par extension, quel est le sens que je souhaite donner à ma vie ?”. Cela signifie que le suivi en Shiatsu ne portera pas uniquement sur le retour à une certaine forme physique, mais également à accompagner la personne dans ce questionnement. Le traitement des émotions est également très important, notamment pour retrouver confiance en soi. En effet, si le corps a trahi une fois, ne va-t-il pas recommencer ? Vais-je être à la hauteur de ce que l’on attend de moi ? C’est pourquoi il est important de proposer une sorte de rendez-vous mensuel après le retour dans le monde du travail afin de continuer à soutenir la personne jusqu’à ce qu’elle se sente de nouveau autonome.
Alors oui, on peut dire que le burn-out est un fléau. Mais c’est probablement aussi une partie de la solution pour s’arrêter véritablement, faire le point et choisir enfin une voie où l’on se respecte, et par extension la famille, la nature, les animaux, l’environnement. C’est ainsi que nombre de ceux qui furent atteints par le burn-out décident de changer du tout au tout. Parmi les histoires qui m’ont marquées se trouve celle de cet expert-comptable qui devient ingénieur pour lutter contre le gaspillage énergétique afin d’épargner la planète, ce professeur d’école qui choisit de devenir maraicher en permaculture, cette femme médecin qui prend des cours de Shiatsu avant de se mettre à parcourir le monde à la recherche des peuples premiers, ou encore pour terminer ce banquier qui décide de partir en Afrique pour travailler dans une ONG de préservation des forêts du Gabon. Par conséquent n’ayons pas peur d’accompagner les personnes en burn-out à s’ouvrir à elles-mêmes et à trouver leur chemin. Et ainsi, à travers le Shiatsu, nous contribuons aussi à rendre chaque jour le monde un peu meilleur.
Belle pratique !




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